Interview Josh Malerman – auteur de Bird Box

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Josh Malerman est le chanteur et auteur-compositeur du groupe de rock The High Strung. Son roman BIRD BOX est sorti aux Etats-Unis en mai 2014 et a été traduit rapidement puisqu’il est sorti en France/Belgique en septembre 2014.

Son livre, totalement terrifiant et addictif, nous a tellement enthousiasmés, que nous avons eu envie de l’interviewer avec mon ami Yvan de l’excellentissime Blog Emotions. Yvan a pensé les principales questions et contacté l’auteur, j’en ai suggéré également, et j’ai traduit de mon mieux.

Voici nos critiques du livre:

Celle d’Yvan

La mienne

Vous trouverez d’abord la version traduite de l’interview et plus bas la version originale

 

Version traduite

Ressentez-vous ce besoin d’écrire depuis longtemps ?

Je me souviens de mon premier essai d’écriture, un roman en classe de CM2. Quelque chose au sujet d’un chien ambassadeur de la Terre dans l’Espace.

Ensuite, il y a eu des bandes dessinées… une série de poèmes terribles, sombres… des histoires courtes et bizarres… et puis des romans. J’ai « échoué » en écrivant mes cinq premiers livres. « Échouer » signifie : je ne les ai pas terminés.

Et puis ? Une percée ! À 29 ans. Enfin je suis arrivé à en terminer un. Et depuis lors, j’ai écrit quelque chose comme 20 romans en dix ans.

C’est un vrai roman sur la peur et la manière dont nous y faisons face…

Bird Box est un peu comme le nec plus ultra du roman sur le thème du monstre « inconnu ». Les personnages font face à l’Infini, et comme les gens disent que vous devenez fous si vous vous confrontez à l’infini… Ou commence le temps, l’espace se termine. Parce que les personnages ne peuvent pas regarder « ça », ils doivent avoir les yeux bandés pendant la majeure partie de l’histoire.

Alors, oui, il y a certainement quelque chose à propos de « Vaincre la peur” dans ce roman, mais presque dans un sens excessif, puisque les personnages ne sont pas du tout autorisés à faire face à « ça ».

Le roman joue énormément sur la suggestion et vous faites beaucoup appel à l’imagination du lecteur. Pas facile de faire ressentir des sentiments forts sans jamais clairement décrire le danger, non ?

À un certain point de l’écriture, j’ai réalisé que je devais me décider à montrer les créatures ou non. C’étaient les deux options. J’ai jonglé pendant un moment, et après je me suis senti comme si je lisais l’histoire déjà écrite.

Est-ce que l’auteur montrera ces créatures? Je ne le savais pas non plus ! Mais je pense que ça a bien fonctionné comme ça. Pour cette histoire-là. Peut-être que pour la prochaine, la méthode sera différente. J’en suis sûr, d’ailleurs.

Les oiseaux prennent une place importante et symbolique dans l’histoire, dans le titre et sur la couverture. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Eh bien, j’aime quand les titres des chansons et des livres peuvent éclairer l’histoire même mieux que certains chapitres ne le peuvent. Ou proposer un éclairage différent, de toute façon.

Les mots « cage aux oiseaux » sonnaient juste pour moi parce qu’ils décrivent non seulement le système d’alarme que Tom emploie, mais aussi les personnages et la maison dans son ensemble. Les colocataires sont dans leur grande cage à oiseaux, et une fois que je l’ai intitulé ainsi… une lumière brumeuse s’est posée au-dessus d’eux.

Malorie a une relation très particulière avec ses enfants, qui subissent un conditionnement depuis la naissance. Etait-ce intentionnel que les enfants soient si jeunes et malgré tout tellement raisonnables quand ils commencent leur voyage ?

Je pense que Malorie attendait juste qu’ils soient assez vieux pour partir sur la rivière avec elle. Et au moment où ils ont atteint cet âge… (à cette seconde précise !)… elle a dit : d’accord, allons-y. Comme si elle était impatiente, et je l’aurais été aussi. Qui ne le serait pas ?

Alors, elle les a formés, leur a enseigné ce qu’il fallait, et puis ils se sont plus ou moins jetés à l’eau.

C’est quoi la peur de votre vie ?

Manquer d’enthousiasme. Voilà ma plus grande horreur absolue.

Votre roman a été très rapidement traduit en français. Vous attendiez vous à toucher de nouveaux lecteurs aussi rapidement ?

Je pourrais dire que non, que je ne pensais pas à ça, mais ce n’est pas vrai. J’ai toujours écrit aveuglément en me disant que ça allait fonctionner, que ça allait marcher.

Donc, une partie de moi se disait, bien sûr, pourquoi pas la France ? Le Brésil ? L’Italie ? La Suède ? Mais, quand c’est arrivé, j’ai été stupéfait et je le suis encore un peu. Je ne suis pas convaincu d’avoir déjà digéré tout cela !

La fin du roman laisse une large place possible à une suite. Avez-vous prévu de vous y lancer ou avez-vous d’autres projets ?

J’ai trop d’autres idées en ce moment. Trop d’autres livres. Je me sentirais presque honteux de passer encore quelques centaines de pages à l’intérieur de cette histoire parce qu’il y a tellement d’autres histoires à raconter. Mais un jour ? Oui, pourquoi pas.

On parle d’une adaptation au cinéma pour Bird Box. Pouvez-vous nous en dire davantage ? Ça va être compliqué d’imposer des images au spectateur alors que tout est suggéré dans le roman, non ?

Ouais. Je pense que oui ! J’aimerais que l’écran devienne noir pour certaines parties, le cinéma dans l’obscurité totale.

Avec les systèmes sonores qu’ils ont aujourd’hui ? Ce serait incroyable de s’asseoir dans l’obscurité et d’écouter les scènes se dérouler. Parce que vous savez que vous seriez paniqué par tout ce qui pourrait apparaître à nouveau à l’écran.

Universal Studios a acheté les droits du film. Je les ai rencontrés et c’était merveilleux. Je pense que l’histoire est entre de bonnes mains. De grands esprits. Et je serai en première ligne pour le voir quand il sortira. Flippant, sans aucun doute.

Quelles sont vos influences (qu’elles soient littéraires, musicales ou cinématographiques) ?

J’aime toutes les influences. J’écris en écoutant des bandes-son originales de films d’horreur. Je regarde toutes sortes de films (des histoires de fantômes où l’angoisse monte crescendo, aux films gore où on est immédiatement dans l’action).

Et je lis constamment. Je suis capable de me plonger pleinement dans une histoire d’horreur et d’y nager jusqu’à ce qu’elle se termine. Il est difficile de dire si ceci ou cela m’influence, parce que je les aime vraiment toutes.

Vous êtes également le chanteur et le guitariste du groupe de rock The High Strung. Ça tombe bien, ce blog parle de littérature ET de rock. Vous pouvez nous faire un petit historique du groupe et un description de votre musique ? 

Les membres de The High Strung sont mes meilleurs amis depuis que nous sommes enfants. Nous avons déménagé à New York City (de Détroit) quand nous avions environ 23 ans. Puis, à 27 ans, nous avons repris la route et une tournée en Amérique et au Canada pendant six ou sept ans. C’était exceptionnel. Incroyable.

J’ai écrit un certain nombre de livres entre les villes, sur le siège du passager. Nous avons fait six albums… six albums studio… et, je l’espère, notre prochain double album sera un voyage de science-fiction.

Un de vos morceaux a été retenu pour accompagner le générique de la série TV Shameless. Cela vous as t-il permis de toucher un autre public?

Vous savez, je pensais que cela aurait plus d’impact que ça ! La chanson du thème était très bonne pour nous, mais je ne suis pas convaincu que cela nous a apporté plus de « fans ».

Et c’est très bien comme ça ! Comme je l’ai dit, nous faisons un nouvel album, nous nous aimons les uns les autres, nous allons continuer !

Peut-on faire un lien entre l’écriture d’un roman et la composition musicale ? Peut-on parler de musicalité des mots ?

Je transforme probablement en chansons ce qui pourrait être de courtes histoires et en romans les plus longues. Mais dernièrement, je me suis demandé si je ne devais pas faire l’inverse, juste pour voir ce qui se passerait.

Vous avez le choix entre nous donner le mot de la fin ou votre dessert préféré… 

Un dernier mot : je m’astreins à un régime strict du genre Horreur depuis longtemps. Au début, je pensais que ce genre était limité, qu’il suffisait de lire juste tel gars ou telle fille et que vous auriez une vision sur le tout.

Mais, heureusement, un livre m’a conduit à un autre, puis un autre, et aux gens que j’ai rencontrés sur le chemin… Le genre Horreur est vaste, c’est un cosmos entier, et si j’étais vous, je m’achèterais un petit vaisseau spatial pour nous rejoindre, parce que je n’ai jamais vu une telle imagination, une telle passion, que dans le Cosmos de l’Horreur.

 

Version originale

Do you feel the need to write quite a long time?

I remember trying my hand at a novel in 5th grade. Something about a dog as Earth’s ambassador to outer space.

From there it was comic books… a series of terrible, dark poems… weird short stories… and then novels. I “failed” at writing my first five books. “Failed” meaning: I didn’t finish them.

Then? A breakthrough! At age 29. Finally saw the ending and got there. And since then it’s been something like 20 novels in ten years.

 It’s really a novel about fear and how we face it…

Bird Box is kinda like the ultimate “unknown” monster novel. Characters facing Infinity, and how people say you’ll go mad if you behold infinity… or where time begins, space ends. Because the characters can’t look at it, they’ve gotta be blindfolded for the bulk of the book.

So, yeah, there’s definitely something about “facing fear,” but almost in an over-the-top sense, since the characters aren’t allowed to face it at all.

The novel plays heavily on suggestion and you do a lot to call the reader’s imagination. Not easy to make feel strong feelings without never clearly describe the danger, right? (and we stress on the fact that you have beautifully managed it!)

At some point in the writing I realized I was either going to have to show the creatures or not. Those were the two options. It was a juggling act for a moment, and after a while I felt like I was reading the story as it was being written.

Will the author show these creatures? I didn’t know either! But I think it worked out. For this story. Maybe for the next one the method will be different. I’m sure it will be.

Birds have an important and symbolic place in the story, in the title and on the cover of your book. Can you explain us why?

Well, I like how the titles of songs and books can shed more light on the story than even some chapters can. Or shed a different light, anyway.

The words “bird box” rang true to me because they didn’t only describe the alarm system Tom employs, but they kinda describe the characters and the house as a whole.Like, the housemates are in their own big bird box, and once I titled it so… a misty light came on above them.

Malorie has a very special relationship with her children, who underwent conditioning since birth. Was it intentional that the children were so young and despite all so reasonable when they began their journey?

I think Malorie was just waiting for them to be old enough to take the river with her. And the moment they reached that age…that very second!… she said okay let’s go. Like she was impatient, which I would’ve been, too. Who wouldn’t?

So, she trained them, taught them, and then more or less tossed them into the fire.

What is the fear of your life?

Running out of enthusiasm. That’s my absolute greatest horror.

Your novel was quickly translated into French. Did you expect to reach new readers so quickly?

I wanna say no, I didn’t imagine this, but that isn’t true. I’ve been writing forever and blindly telling myself that it was going to work out, that it’ll work out.

So, part of me thought, sure, why not France? Brazil? Italy? Sweden? But, of course, when it happened I was stunned and still kinda am. I’m not convinced I’ve processed all of this just yet!

The end of the novel leaves room to a sequel. Do you plan to start it or do you have other projects?

Too many other ideas right now. Too many other books. It would feel almost shameful to spend another few hundred pages inside this story only because there are so many stories to tell. But one day? Yeah, why not.

There are plans for a film adaptation of Bird Box. Can you tell us more? It will be difficult to impose images to the spectator while everything is suggested in the novel, right?

Yeah. I think so! I’d love it if the screen went black for stretches, the theater in complete darkness.

With the sound systems they’ve got today? Man, it’d be amazing to sit in the dark and listen to scenes unfold. Because you know you’d be freaked out for whatever came on the screen again.

Universal Studios bought the film rights. I met with them and it was wonderful. I think the story is in great hands. Great minds. And I’ll be first in line to see it when it comes out. Freaking out, no doubt.

What are your influences (books, musics or films)?

I love it all. I write to the sound of horror soundtracks. I watch all kinds of films (from slow-burn ghost stories to balls-to-the-wall gore.)

And I read constantly. I’m able to fully immerse myself into a horror story and swim in it till it’s done. It’s hard to say this or that is my influence, cause I really love it all.

You are also the singer and guitarist of rock band ‘The High Strung’. Luckily, this blog is about literature AND rock. Could you send us a brief history of the group and a description of your music? 

The High Strung have been best friends since we were kids. We moved to New York City (from Detroit) when we were around 23. Then, at age 27, we hit the road and toured America and Canada for six or seven years. It was outstanding. Unbelievable.

I wrote a number of books between cities, riding in the passenger seat. We’ve made six albums… six proper studio albums… and I’m hoping our next one is a double-album science fiction journey.

One of your songs was chosen for the soundtrack of the TV series ‘Shameless’. Have this helped you to reach a different audience?

You know, I thought it would have made a bigger impact in that way! The theme song has been so good for us, but I’m not convinced it’s brought us more “fans”.

Which is fine! Like I said, we’re making a new album, we love one another, let’s keep going!

Can we make a connection between writing a novel and musical composition? Can we talk about musicality of words?

I probably use the songs for what could be short-stories and the novels for the bigger ones. But lately I’m wondering if I should switch that around, just to see what happens.

You have the choice between give us your final word or talk about your favorite dessert … 

Final word: I’ve been on a strict Horror diet for a long time now. In the beginning I thought the genre was finite, that you could read this or that guy or girl and you’d start to have a grasp on the whole thing.

But, mercifully, one book has led to another, then another, and the people I’ve met along the way… Horror is broad, it’s an entire cosmos unto itself, and if I were you, I’d buy myself a little spaceship and launch out here with us, because I’ve never seen such imagination, such passion, as I do in the Horror Cosmos.

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2 réflexions sur “Interview Josh Malerman – auteur de Bird Box

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